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Russie Pologne politique histoire diplomatie accident aviation 10 Nisan 2020 - 11:30

Dix ans après le crash de Smolensk, cérémonies discrètes en Pologne, touchée par la pandémie =(Photo+Video)= Varsovie, 10 avr 2020 (AFP) - La Pologne, pratiquement sous couvre-feu pour cause de pandémie de nouveau coronavirus, a commémoré discrètement vendredi la catastrophe aérienne qui, il y a dix ans en Russie, avait couté la vie à 96 personnes, dont le président Lech Kaczynski. Vendredi, seuls son frère Jaroslaw Kaczynski, chef du parti conservateur au pouvoir, le Premier ministre Mateusz Morawiecki et une poignée de responsables politiques ont déposé, dans le centre de Varsovie, des couronnes de fleurs devant la statue de Lech Kaczynski et le monument dédié à toutes les victimes de la catastrophe. La cérémonie, suivie d'une brève prière, a commencé à 08H41 locales, heure précise de la catastrophe de Smolensk. Aucun discours n'a été prononcé. "Dix ans depuis la catastrophe de Smolensk. C'est le moment auquel le temps s'est arrêté. Ce cri d'alors retentit toujours dans les oreilles. Nous avons vécu cette tragédie en tant que communauté. Aujourd'hui, dans d'autres circonstances, nous avons également besoin d'unité", a déclaré le Premier ministre dans un tweet vendredi matin. Jusqu'à vendredi matin, 5.742 personnes contaminées par le coronavirus ont été recensées en Pologne et 175 d'entre elles sont décédées. Le président polonais Andrzej Duda a déposé des fleurs sur la tombe des époux Kaczynski au château royal de Wawel à Cracovie (Sud). Interrogé par une journaliste sur les causes de l'accident - attribué à des erreurs humaines par une enquête officielle contestée par certains conservateurs - M. Duda a estimé "difficile de prédire aujourd'hui si la question serait élucidée ou non". "On manque de preuves, l'épave, bien qu'elle appartienne à la Pologne, et les boîtes noires sont toujours en Russie; quel commentaire peut-on faire?", a poursuivi le président. La catastrophe du 10 avril 2010 a fait 96 morts, dont le président Lech Kaczynski, qui se rendait en Russie pour rendre hommage à plusieurs milliers de Polonais tués par la police politique de Staline à Katyn, près de Smolensk, en 1940. Les causes de la catastrophe ont fait l'objet de vifs débats politiques qui ont divisé la Pologne, les conservateurs accusant le gouvernement libéral de l'époque de Donald Tusk de négligences dans la préparation de la visite présidentielle et d'insuffisances dans l'enquête. Début avril, Varsovie a annoncé qu'elle n'enverrait pas de délégation officielle à Smolensk, accusant la Russie de n'avoir pas fourni de réponses aux questions logistiques rendant "impossible d'organiser cette visite conformément aux procédures de sécurité". Moscou a rejeté cette accusation. bo/via/ayv/

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